Je suis seulement venu faire un tour. J'ai reçu votre courriel, sur le blog, sur votre travail, je suis seulement venu faire un tour. Ça doit être une erreur si je suis encore dans la liste des contacts de l'École, je téléphonerai Pierrette la semaine prochaine, quand les choses iront mieux, quand les choses auront bougé. J'espère que je ne vous manque pas trop... ; ) ... Je ne pensais pas que je quitterais de cette façon-là, de cette façon-là si rapidement, j'entends; quand même on a créé un lien rapidement, tout le monde, moi avec vous, j'espère que je ne vous manque pas trop, j'espère que mon départ n'a pas été interprété comme un geste contre vous. Je vous écrirai peut-être une autre fois pour vous expliquer davantage ce qui s'est passé. Si davantage je peux savoir ce qui s'est passé, je vous écrirai peut-être. Je ne savais pas où vous laisser un message sur le blo; j'ai choisi alors cet endroit sous cette image que tu as laissée, Marie-Hélène. J'ai trouvé qu'elle parlait, pour moi, un peu. S'il y avait une toute petite chance pour que tu saches, toi, Marie-Hélène, où moi-même je suis tombé, je n'aurais plus peur de me faire entendre de l'un d'entre vous et je prendrais le téléphone et je te demanderais de tout me dire: "Dis-moi, où suis-je tombé, moi. Dis-moi où je suis tombé, s'il te plaît... S'il te plaît?" Au moment de faire le stage à l'École, au printemps dernier, au milieu de quarante personnes toutes folles comme je suis, j'ai bien cru être venu au monde pour vrai. Et au moment de recevoir l'appel de Denise, elle souriait plus qu'elle ne parlait pour me dire que j'étais choisi, un peu un élu, j'ai pensé que non, c'était LÀ que je venais au monde, l'École m'ouvrait ses portes pour l'éternité. Mais je suis venu au monde pour vrai au moment, seulement, de l'automne, cet automne à la rentrée, en montant le premier jour les marches de l'École qui m'ouvrait ses portes pour l'éternité. Si je suis venu au monde alors, je ne sais plus si je suis mort, maintenant, maintenant que je suis parti, ce n'est la faute de personne, je vous écrirai pour vous expliquer davantage, peut-être, quand je saurai moi-même ce qui m'est arrivé, pourquoi certaines choses m'ont été données à vivre et pourquoi je ne suis plus le même depuis qu'elles ont été vécues malgré moi, bien plus que je ne les ai vécues vraiment. Je vous félicite pour votre travail. Au plaisir de vous revoir. Simon-Joseph.
Chers collègues de passage. Pas encore, je ne suis retourné sur le bord du lac Mégantic. J'ai rôdé un peu au sud du fleuve, et vers l'est, suis passé par Murdochville. J'ai loué un petit appartement, ici, il y a l'école tout près, et ce n'est plus l'automne, mais je ne vois pas l'hiver non plus. C'est un peu comme c'était d'avoir ma petite chambre sur la rue Saint-Joseph, j'arrêtais à la fruiterie presque chaque soir en sortant de l'École, c'est un peu les mêmes petits murs rapprochés, le bruit des pas chez les voisins, sauf qu'ici je ne sais pas ce que je suis venu faire, je ne sais pas combien de temps ça doit durer, on ne m'a pas dit: "quatre ans d'un programme strict, un entraînement tous les matins...", il n'y a plus d'Éric, plus de Marie, plus d'Isaac. Il y a un shack à patates où j'aime me rendre pour des oeufs-bacon et les gens du dépanneur sont souriants, mais il n'y a aucun lien entre eux. Je m'approprie un peu votre espace, les auteurs, les "Pas Propres", comme disait gentiment Alexandre en deuxième année, peut-être parce que vous êtes loin et que je n'attends pas de réponse, de la même façon que tout le monde, je veux me confesser, je veux juste témoigner de mon existence et la mienne est trop lourde à porter, comme celle de tout le monde, et comme tout le monde, c'est plus facile de mettre par moi-même mon ordinaire de l'avant plutôt que d'accomplir un peu de grandiose en forçant et laisser à quelqu'un d'autre le soin de me vanter. Bientôt, je vais parler du lac Mégantic. Maintenant je vais dormir. On dit qu'être si loin à l'intérieur des terres, dans les montagnes, fatigue les hommes. Et il y a tout ce cuivre. Simon-Joseph
Je suis seulement venu faire un tour.
RépondreSupprimerJ'ai reçu votre courriel, sur le blog, sur votre travail, je suis seulement venu faire un tour.
Ça doit être une erreur si je suis encore dans la liste des contacts de l'École, je téléphonerai Pierrette la semaine prochaine, quand les choses iront mieux, quand les choses auront bougé.
J'espère que je ne vous manque pas trop...
; )
... Je ne pensais pas que je quitterais de cette façon-là, de cette façon-là si rapidement, j'entends; quand même on a créé un lien rapidement, tout le monde, moi avec vous, j'espère que je ne vous manque pas trop, j'espère que mon départ n'a pas été interprété comme un geste contre vous. Je vous écrirai peut-être une autre fois pour vous expliquer davantage ce qui s'est passé. Si davantage je peux savoir ce qui s'est passé, je vous écrirai peut-être.
Je ne savais pas où vous laisser un message sur le blo; j'ai choisi alors cet endroit sous cette image que tu as laissée, Marie-Hélène. J'ai trouvé qu'elle parlait, pour moi, un peu. S'il y avait une toute petite chance pour que tu saches, toi, Marie-Hélène, où moi-même je suis tombé, je n'aurais plus peur de me faire entendre de l'un d'entre vous et je prendrais le téléphone et je te demanderais de tout me dire: "Dis-moi, où suis-je tombé, moi. Dis-moi où je suis tombé, s'il te plaît... S'il te plaît?"
Au moment de faire le stage à l'École, au printemps dernier, au milieu de quarante personnes toutes folles comme je suis, j'ai bien cru être venu au monde pour vrai.
Et au moment de recevoir l'appel de Denise, elle souriait plus qu'elle ne parlait pour me dire que j'étais choisi, un peu un élu, j'ai pensé que non, c'était LÀ que je venais au monde, l'École m'ouvrait ses portes pour l'éternité.
Mais je suis venu au monde pour vrai au moment, seulement, de l'automne, cet automne à la rentrée, en montant le premier jour les marches de l'École qui m'ouvrait ses portes pour l'éternité.
Si je suis venu au monde alors, je ne sais plus si je suis mort, maintenant, maintenant que je suis parti, ce n'est la faute de personne, je vous écrirai pour vous expliquer davantage, peut-être, quand je saurai moi-même ce qui m'est arrivé, pourquoi certaines choses m'ont été données à vivre et pourquoi je ne suis plus le même depuis qu'elles ont été vécues malgré moi, bien plus que je ne les ai vécues vraiment.
Je vous félicite pour votre travail.
Au plaisir de vous revoir.
Simon-Joseph.
Chers collègues de passage.
RépondreSupprimerPas encore, je ne suis retourné sur le bord du lac Mégantic.
J'ai rôdé un peu au sud du fleuve, et vers l'est, suis passé par Murdochville. J'ai loué un petit appartement, ici, il y a l'école tout près, et ce n'est plus l'automne, mais je ne vois pas l'hiver non plus. C'est un peu comme c'était d'avoir ma petite chambre sur la rue Saint-Joseph, j'arrêtais à la fruiterie presque chaque soir en sortant de l'École, c'est un peu les mêmes petits murs rapprochés, le bruit des pas chez les voisins, sauf qu'ici je ne sais pas ce que je suis venu faire, je ne sais pas combien de temps ça doit durer, on ne m'a pas dit: "quatre ans d'un programme strict, un entraînement tous les matins...", il n'y a plus d'Éric, plus de Marie, plus d'Isaac. Il y a un shack à patates où j'aime me rendre pour des oeufs-bacon et les gens du dépanneur sont souriants, mais il n'y a aucun lien entre eux.
Je m'approprie un peu votre espace, les auteurs, les "Pas Propres", comme disait gentiment Alexandre en deuxième année, peut-être parce que vous êtes loin et que je n'attends pas de réponse, de la même façon que tout le monde, je veux me confesser, je veux juste témoigner de mon existence et la mienne est trop lourde à porter, comme celle de tout le monde, et comme tout le monde, c'est plus facile de mettre par moi-même mon ordinaire de l'avant plutôt que d'accomplir un peu de grandiose en forçant et laisser à quelqu'un d'autre le soin de me vanter. Bientôt, je vais parler du lac Mégantic. Maintenant je vais dormir. On dit qu'être si loin à l'intérieur des terres, dans les montagnes, fatigue les hommes. Et il y a tout ce cuivre.
Simon-Joseph